Tentative

Journal d'une petite Suisse, parce que j'ai envie d'en faire un fromage.

27 mars 2008

Pâques aux tisons.

Impression étrange ce matin lors de mes nombreux téléphones, comme si les gens accéléraient le débit pour dire plus de chose en moins de temps. Quelque part, je comprends, mais chez certains qui ont déjà un débit élevé en temps normal, ça vire parfois à l'exercice de diction. Intérieurement, je remarquais une fois de plus ma propension à répéter plusieurs fois la même chose de base. Et comme toujours, je me demandais si je ne passais pas un peu pour une débile ou pour une hautaine qui prend ses interlocuteurs pour des débiles avec cette sale habitude. L'effet pervers de la psychologie de la communication, ou en tout cas sa base, qui dit qu'entre ce que je dis, ce que je veux dire, ce qu'ils entendent, comprennent et retiennent, les possibilités d'incompréhension sont multiples. Le hic, c'est que parfois, je joue seulement au disque rayé et je ne reformule pas. Hors, si mon interlocuteur n'a pas compris la première fois, ça ne sert à rien, sauf à me faire passer soit pour une conne soit pour une condescendante (mais je me répète là, non?).

Incompréhension et difficulté d'expression encore avec deux sondages auxquels j'ai répondu dernièrement. L'un sur un magasin dans lequel je me rends occasionnellement (mais je fréquente très souvent ceux de la chaîne) et un autre pour la radio. Le premier était réalisé par écrit, sur questionnaire. Et évidemment, toutes les choses à priori pertinentes que je pense sur l'organisation ou l'approvisionnement de ce magasin ou d'autres de la chaîne ont fui ma mémoire alors même que j'avais l'occasion de les exprimer. C'est sur le chemin du retour dans ma voiture que j'ai râlé à voix haute, pour un peu j'aurais fait demi-tour pour récupérer et corriger mon questionnaire. Quand au sondage téléphonique de la radio, certaines questions m'ont prises à froid et j'ai repensé à ce gag de l'excellent Everland ou il regrette que nos hésitations et nos nuances ne soient pas prises en compte, ce qui donne des sondages si tranchés qu'ils en perdent leur pertinence. Petit décalage aussi quand on nous demande si on utilise un i-pod et un peu plus loin si on a un magnétoscope. Heu… et l'option enregistreur graveur DVD, y'a pas? Quant aux questions sur mon concessionnaire et la confiance que je lui fait, je n'ai toujours pas bien compris le rapport avec la radio, mais allez savoir. Là encore, le côté étriqué des questions obligées et des réponses peu nuancées m'a gêné aux entournures. Comme une envie de rajouter des lignes, toujours. Mais je me suis contenue, je suis restée sobre, tout en me demandant s'il n'y avait pas là une forme de lâcheté, c'est moins mon opinion réelle qui compte que le fait que je n'ai pas envie d'y passer trop de temps.

La neige est en train de disparaître, assez rapidement avec le retour de généreuses éclaircies. Elle a bien alimenté les conversations cette semaine et a perturbé notre week-end pascal dans la mesure où on pensait aller dans d'autres villes profiter une dernière fois de notre passeport musée. Mais vu la météo et l'état des routes, finalement, j'en ai surtout profité pour visionner plein de choses enregistrées, découvrir mon ordinateur portable tout neuf avec wifi (c'est le pied) et vista (sans commentaire) et bouquiner, comme d'habitude. Bon, on a quand même fini par bouger dimanche, malheureusement pour tomber à la porte du musée sur une affiche "fermeture exceptionnelle, merci de votre compréhension" et lundi, pour un autre musée ouvert celui-là suivi d'une toile. On a cédé à la mode, on est allé voir bienvenu chez les gens du nord. Caricatural, quelques longueurs, un peu trop d'insistances sur certaines choses certes mais au final, un bien bon moment quand même. Et puis faut avouer, ça faisait bien longtemps que je n'avais plus vu une salle de cinéma pleine, c'est pas désagréable.

Question photos par contre, le retour de la neige n'arrange pas tellement mes affaires, la plupart des plantes de plaine ont souffert, en particulier celles qui étaient en fleur. J'ai également vu des dégâts dus au gel sur les jeunes bourgeons de quelques arbustes. Rien de dramatique, mais pour les photos, il faut des plantes en forme, déjà que comme ça je ne sors pas toujours des trucs potables, si le sujet est déjà flapi à la base, ce sera plus un jour une fleur mais un jour un freakflower. Et comme il va falloir que j'y retourne parce que j'arrive au bout de mes fleurs de saison, autant avoir du matériel correct. Espérons donc que le temps se remettra vite, comme ça je pourrai aller quelques centaines de mètres plus en altitude (l'avantage d'habiter dans un coin pas plat) et chercher des pitites plantouilles de printemps qui n'avaient pas encore ouvert leurs corolles quand le froid est revenu.

Je ne sais pas si c'est le printemps, mais j'ai l'esprit fragmenté en ce moment. Il est vrai que la concentration sur un sujet unique ne fait pas exactement partie de ma façon de penser, mais là c'est frappant. Je papillonne, je sautille, je vois les choses sous formes d'anecdotes sans parfois beaucoup de lien entre elles. Et toujours ce problème, je me dis "je parlerais bien de ça dans mon journal" et à peine l'ai-je pensé que c'est oublié. Est-ce vraiment une grande perte? Je ne le pense pas, mais je suis mal placée pour juger. Reste la frustration de se dire que peut-être, on a oublié un truc intelligent, le genre de pensée que j'ai suffisamment rarement pour regretter leur disparition. Mais qui sait, il en va sans doute de la plupart des illuminations subite comme des rêves, on croit qu'on a rêvé de l'idée du siècle, on se réveille, on note, on se rendort et le lendemain… on se retrouve avec l'équivalent de l'oracle de Delphes, mais sans la pythie pour l'interpréter. En attendant l'idée de génie qui résistera à un second examen, on passe à l'heure d'été ce week-end, ce qui prouve quand même que certaines idées pourries peuvent connaître un développement immérité.

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15 mars 2008

Par petite touches

Épilogue hier en fin d'après-midi d'un épisode commencé hier matin, je reçois un mail confirmant que le document que j'ai envoyé à fini par arriver à son destinataire. Je ne sais pas trop si je dois remercier la personne qui l'a fait passer ou m'excuser auprès de celle qui était finalement la destinatrice initiale. C'est ça de ne pas retenir le nom quand quelqu'un s'annonce au téléphone et d'oublier, après quelques minutes de conversation, de le lui redemander poliment. Après, on se retrouve comme moi, comme une conne devant son écran, le document prêt, attaché au mail et… aucune idée du nom de la destinatrice.

Dans le même genre, j'ai répondu hier matin à une demande de renseignement sur la personne responsable d'un dossier (moi) et l'intérêt de ladite personne (moi toujours) à participer à une formation sur une aide à la gestion de ce genre de dossier. Où est le problème? Ça faisait deux mois et demi qu'on avait reçu la demande et la réunion/formation aurait du se tenir courant mars. Coup de bol pour moi, le truc est gelé pour "divergence d'opinion" au niveau d'en dessus. Où comment se taper dessus du haut vers le bas, puis du bas vers le haut. Personnellement, ça m'arrange, comme ça je ne passe pas à côté de quelque chose de potentiellement intéressant.

Grand moment de solitude intérieur l'autre jour, une collègue taquinait un collègue sur la longueur de ses pauses. Il lui répond "ben quoi, une heure le matin et trois quarts d'heures l'après-midi, normal quoi". Et là, pour les faire rire, j'ai sorti "je croyais que ça c'était ton temps de travail effectif dans la journée". Éclat de rire général et moment de solitude intérieur pour moi, puisqu'ils ne sauront jamais à quel point c'est proche de ma réalité quotidienne.

On dirait que la météo cherche par tous les moyens à m'empêcher d'écouter la petite voix qui me souffle toujours "photos, photos, photos". Depuis celles prises au cimetière l'autre jour, impossible d'avoir un moment pour capturer dans des conditions correctes les nombreux bourgeons et autres brins d'herbes qui s'éclatent en cette saison. C'est donc d'un œil triste et songeur que je regarde un marronnier débourrer tellement fort que je le vois à dix mètres en passant en voiture et que je me dis que le coussin de cette aubriette est vraiment parfait, dommage que non seulement il soit sous la pluie, mais en plus dans un endroit pas franchement pratique d'accès en matière de macro (mur vertical au bord d'une route sans trottoir). Je rêve quand même de capturer ces éclats de vie et d'arriver à les montrer comme je les vois moi, même si je sais que c'est presque impossible, tant il faut de chance et de talent pour qu'une photo évoque une odeur, un bruit, un souvenir. Mais vive le numérique, je ne désespère pas.

Je suis souvent victimes de souvenirs ou de pensées "indésirables" dans ma vie quotidienne. S'ils sont si indésirables, ce n'est pas seulement parce qu'ils surviennent au mauvais moment, mais surtout parce qu'il s'agit de mauvais souvenirs en général. En d'autres termes, mes moments de honte, mes pensées tordues et rejetées parce que telles ont tendance à me revenir en pleine tronche régulièrement et sans crier gare. Et alors que j'en cherche une pour préciser mon propos, il n'y a plus rien, bien évidemment. Pourtant, je me souviens très précisément de l'emplacement exact où je me trouvais une des dernières fois ou j'ai secoué la tête, physiquement, pour tenter de me débarrasser d'une image inopportune. Certaines sont devenues familières à force de s'imposer à chaque fois que mes pensées croisent certains sujets. D'autres sont de nouvelles venues, souvenirs de petites ou de grandes gênes, voir des humiliations fixées sans que je m'en rende compte et réapparaissant pour me montrer à quel point la situation m'a marqué. Et tiens, cette tentative de description à du réveiller une pensée voisine d'un vague orgueil façon "moi je sais" puisque finalement, une image est remontée, comme un bouchon, s'imposer là où elle n'a pas vraiment sa place. Un petit rien, une insistance stupidement lourde de ma part un jour de classe, il y aura bientôt dix ans. Une stupide envie de montrer que "moi j'connais le sujet proposé" et la désapprobation évidente de la prof, dégoutée par mon petit manège aussi subtile qu'un tag rouge sur un mur blanc. Et dix ans après, chaque fois que mes pensées s'égarent à me croire "trop forte" ou que je commence à dériver vers une attitude "je me la pète" ce souvenir remonte, plop, et me ramène à une plus juste considération de la situation. Bien sur, on peut se dire "finalement, c'est un garde fou, une assurance de ne plus refaire la même erreur". Mais bien entendu, ça ne marche pas comme ça, ce serait trop beau. En fait, quand j'aurais besoin de ce genre d'avertissement, il n'arrive pas ou trop tard avec en prime un côté "tu n'apprendras donc jamais". Non, c'est au hasard de mes pensées qu'il me fait ressentir, encore et encore, la honte liée à ce minuscule presque rien. Et au lieu de me remettre dans le droit chemin en m'enseignant l'humilité, enfin, si on veut, ça sape la confiance que j'ai en moi. Une sorte de "regarde ce que tu es, ce que tu peux être, penser, faire". Et je dois me rendre à l'évidence, je n'arrive pas, pas encore j'espère, à le regarder en face.

Et finalement, la météo a bien voulu lâcher un peu de lest en fin de semaine. J'ai donc pu passer une heure vendredi à me plier en quatre et à m'enivrer d'odeurs connues ou inconnues dans le cimetière qui devient décidément une destination de promenade tentante. Et aujourd'hui, avec les 15 degrés ambiant, c'est mon village natal qui m'a tendu les bras pour une promenade en nostalgie. Et moi qui ne croise jamais personne que je connais, j'ai dit bonjour ou reconnu une bonne dizaine de personne, comme quoi, j'ai beau l'avoir quitté il y a dix ans, ce village fait encore partie de moi apparemment. Et comme j'avais l'appareil dans la poche, je n'ai pas complètement résisté, hop, de nouvelles photos dans mon escarcelle. Du coup, ça m'a donné envie de tenter une défibrillation sur mon autre blog, je lance donc l'opération "un jour une fleur" qui sera aussi un peu un jour une photo, si je veux.

Posté par Lirriel à 18:29 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mars 2008

Bientôt le 21 mars

Mars est un mois très contrasté cette année. Alors que je sortais de ma séance annuelle avec mon conseiller fiscal qui va se charger de ma déclaration, comme il faisait encore jour et que j'avais une demi-heure à tuer avant de récupérer Abe à la gare, j'ai décidé d'aller faire quelques photos. Tout près de la gare, il y a en effet un grand cimetière, pleins d'arbres et de plantouilles jolies. Bon, mes piles étaient un peu à plat, du coup le flash était un rien anémique, mais je me suis fait plaisir quand même. Et bonne surprise, les arbres présents sont tous ou presque munis d'une étiquette façon jardin botanique, solide, en fer gravé et donc bien lisible. Déjà que je voulais aller un jour faire un tour du côté des tulipiers que je vois tous les jours ou presque en passant, je sens que je vais aller faire quelques dévotions en fin de journée en attendant certain train. Bon, d'accord, c'est un cimetière et donc, c'est pas super gai comme promenade, mais on a une très belle vue depuis là et ils ont une vraiment belle collection d'arbres et arbustes, pourquoi bouder mon plaisir, d'autant que tant que je ne photographie pas les stèles (c'est pas le père Lachaise non plus) je ne vois pas qui ça gênerait. Au fait, de quoi je me justifie là au juste?

Vu la pauvre lumière de cette fin d'après-midi un peu nuageuse, je me suis amusée à faire des essais, notamment au niveau de l'arrière plan. Après avoir échoué (en macro) à faire le point sur des bourgeons de hêtre, j'ai eu l'idée d'utiliser une feuille de papier blanc pour faire un arrière plan neutre et éviter que la focale ne se fasse deux mètres derrière ce qui m'intéresse. J'ai d'ailleurs eu une pensée de regret pour le réglage d'un point focal central impossible sur mon appareil alors que mon ancien le permettait. Mais comme le nouveau fait de meilleures macro, je ne peux pas me plaindre. Bref, j'ai testé avec une feuille blanche, faudra peut-être que je tente d'autres couleurs. J'ai aussi fait un seul essai avec ma manche de veste en guise de fond noir, mais ce n'était pas concluant. Au final, c'est ma paume qui donne le meilleur arrière plan (pas de reflet, très peu d'ombres, contraste de couleur intéressant en référence) mais évidemment, c'est pas le plus pratique ni le plus joli. Peut-être qu'avec une feuille de liège ou un tissu mais ça manque de rigidité, par contre ça m'éviterais les reflets… En plus, faut que ça passe dans mon sac, je ne cueille jamais les fleurs pour les photographier (je vous dis pas les contorsions parfois), donc, faut que je puisse le trimbaler facilement. Tiens, peut-être qu'un tissu blanc, collé sur une feuille de liège ou équivalent… comme ça, c'est rigide et j'ai deux fonds (recto et verso) au choix. Et si je continue comme ça, dans 2 ans je m'achète un appareil pour aller avec le méga objectif macro de la mort, huhu.

DSCN2901                     DSCN2906

Bon, et sinon, après une sortie dans de belles villes il y a une dizaine de jour par seize degrés à l'ombre, après une semaine passée franchement douce et plus de dix degrés tous les jours, après le réveil clair de la végétation qui m'a murmuré "photos, photos" aux oreilles depuis quelques temps, ben cette semaine j'ai balayé et gratté ma voiture enfouie sous une bonne dizaine de centimètres de neige, deux matins de suite. La Suisse, terre de contraste.

Ah oui, et la soirée collègues plus bébé c'est très bien passée, j'y ai même fait une découverte fondamentale, le secret de la fondue, rien de moins. Et c'est très simple, qu'importe le fromage ou presque, l'important c'est le caquelon. Bilan, en fonte c'est parfait, en terre cuite, c'est la cata. Deux caquelons, même fromage, même recette, même cuisinière. Une (fondue donc) était impeccable comme d'habitude, l'autre nous a tout fait, de la mousse d'abord, pire que si j'avais mis du bicarbonate dedans et une séparation ensuite : huile dessus, gomme en dessous, récupéré heureusement en repassant sur la plaque à fond en brassant beaucoup. Ma Maz, je crois t'avoir offert un caquelon en terre cuite, tu auras le droit de me le casser sur la tête la prochaine fois qu'on se voit s'il t'as fait autant de misères. Heureusement pour toi, c'est en France qu'on trouve les meilleurs caquelons (qui l'eut cru) donc il reste de l'espoir, maintenant que tu as un immense appart, il faut que tu t'encaquelonne à la mesure de ton nouveau standing, donc, c'est "Le Creuset" ou rien. En plus, on peut y faire de super béchamel et c'est parfait aussi pour la sauce tomate et tout ce qui doit mijoter tranquille, une parfaite idée de cadeau pour la belle-mère quoi ;)

c'est le printemps :                   DSCN2897

Posté par Lirriel à 09:20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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