28 septembre 2007
Que dire…
Tout en le disant longuement, bien sur (c'est un blog ici non?).
Que j'aime un peu trop les points de suspension par exemple, ça m'énerve moi-même, c'est dire (tiens tiens). Que j'ai pas écris depuis un mois et demi? Certes, mais rien de vraiment nouveau là-dedans, le rythme s'est nettement calmé depuis un an ou deux maintenant. Que tout à déjà été raconté par Abe ou Cego, ou les deux? C'est vrai mais d'après Maz, c'est pas une excuse ça, donc acte.
Si je compte bien, j'en étais restée à Ballenberg, mon dieu que le temps passe vite. Déjà le souvenir n'est plus très frais et ma mémoire de poisson rouge n'aide pas. Alors ambiance : une très bonne journée, bien remplie, avec des surprises plus ou moins bonnes genre le bouchon sur l'autoroute, et oui, je sais, c'est ma faute si on a pris la voiture, ou meilleure avec l'animation en cours dans tous le musée et un mariage croisé par hasard. Se marier au musée, quelle frime quand même. Bon, faut dire aussi que le site s'y prête, c'est très joli, bien aménagé et surtout, très grand et en plein air. On a fait pratiquement tout le tour d'ailleurs, ce qui représente pas mal de marche au final. Et partout, des découvertes ou des souvenirs. Comme ces bonbons ramenés de l'apotheke (pharmacie) à l'ancienne que je savoure encore, avec juste un de temps en temps, pour faire durer. Quelques impressions remontées de la première visite du site, quand j'étais petite avec mes parents. Mais étonnamment, presque rien de mon deuxième passage quand j'avais dix-sept ou dix-huit ans, question de compagnie peut-être. Ce qui est sur, c'est que l'idée et le concept du musée sont originaux et que la météo était parfaite pour la visite ce jour là. Et donc, tous les trois, on est rentré contents, les appareils gavés de photos. Et moi j'avoue, d'autant plus contente que mon mal de ventre du matin n'ait eu aucune conséquences durant la journée.
Après ça, il y a eu un week-end chez Ondine, où on a commencé direct pas une sélection de bêtisiers sortis tout droits des DVD de séries, j'étais pas là depuis une heure que j'avais déjà mal aux pommettes. Ça, c'était le vendredi soir, contrairement à d'habitude où j'y vais le samedi midi, là, j'avais décalé pour pouvoir aller à l'anniversaire d'Hélène le dimanche. Le samedi, j'ai réussi à convaincre Ondine de se bouger un peu, on est donc allé faire un tour à l'arboretum d'Aubonne. Il faisait ce jour là une vraie température estivale, j'ai donc un peu râlé intérieurement (c'est moi qui avait proposé la visite) en voyant que le, ou plutôt les vallons de l'arboretum sont tout sauf plat. Effectivement, on a eu chaud, très chaud même en grimpant les versants où sont exposées les collections. N'empêche, on a passé un bon moment à délirer sur les Pinus, ou Tillia, ou Acer, ou Prunus "nonetiquettus". Normalement, chaque arbre doit comporter une étiquette avec le genre, l'espèce et la variété si besoin (son nom précis quoi) plus l'endroit d'où il vient. Malheureusement, par manque de moyens sans doute, beaucoup d'étiquettes ont disparues, ce qui ne gêne probablement pas une bonne partie des visiteurs (si je vous dit "je sais pas si c'est un Liriodendron tulipifera aureomarginatum ou aurea, pour vous, ça change pas grand chose si l'arbre est joli). Par contre, quand une architecte paysagiste et une amatrice de botanique passent devant un arbre intéressant mais non étiqueté, ça gêne. Parfois même pas mal, comme ce tilleul à feuilles géantes, j'aurais beaucoup aimé savoir d'où il venait moi. Mais à part ce désagrément finalement mineur, la visite a été très agréable. Quelques coins et recoins vraiment jolis, beaucoup de très beaux arbres à regarder et une collection d'échantillons de divers bois, exotiques ou non, petite certes mais vraiment intéressante. Ou comment découvrir que le bois de fusain, c'est très beau et que le poirier, décidément, c'est magnifique (et un peu plus facile à trouver en quantité suffisantes pour des meubles que le fusain, plus réputé pour donner des bâtonnets à dessin après calcination que pour ses gros troncs, ça reste un arbuste quand même). Et c'est donc contente quand même d'avoir bougé nos fesses qu'on a pris le chemin du retour, et on s'est même pas énervées dans le bouchon sur l'autoroute. Bon, par contre, un peu quand même en arrivant en ville (et en fait, déjà à l'aller) à cause des rues fermées à la circulation pour cause d'événement sportif (bon, ça, pourquoi pas) mais sans déviations mises en place. Bref, c'était pas évident de s'y retrouver dans ce bordel, d'autant que la ville en question n'est pas franchement un modèle de circulation et de signalisation déjà en temps normal. Heureusement pour moi, Ondine est une co-pilote épatante et on est quand même arrivées à bon port avec seulement un tourné sur route à notre actif. Je suis rentrée ce soir là dans mes pénates, après un bon souper et pas vraiment très tôt. Tant mieux en même temps, comme ça la route était plutôt dégagée.
Le lendemain, je suis passée cherchez Romane et Raphaëlle (une autre copine de longue date qui fait partie de la bande de filles du mercredi) pour aller à l'anniversaire d'Hélène. On a eu un peu de mal à trouver, c'était une petite cabane un peu paumée en pleine cambrousse faut dire. Mais une fois à bon port, quelle bonne surprise! Un endroit magique, entouré d'arbres (y'avait plein de trembles, mes préférés!) et très bien équipé. En plus, la météo était de la partie car, malgré un léger voile, le soleil a brillé la plupart du temps et il faisait bon dehors, assis autour de grandes tables à manger des grillades. Nous étions une petite trentaine je crois et vraiment, l'après-midi s'est très agréablement déroulée. Beaucoup sont partis entre quatre et cinq, mais comme nous n'étions pas si loin (et que les deux autres dépendaient un peu de moi pour rentrer aussi) et pas si pressées, on est resté pour aider Hélène est son mari à ranger. L'occasion de quelques fous-rires avec ledit mari qui n'a pas sa langue dans sa poche. Depuis, j'ai appris que la tension quand même perceptible chez lui (et un peu chez Hélène aussi) n'était pas due qu'à son boulot à lui, pourvu que la suite se passe bien pour eux, ils méritent vraiment d'avoir la famille dont ils rêvent.
Le week-end suivant, on a pris le train pour quatre jours de break en compagnie de mes Parents. On devait aller les rejoindre sur leur chemin pour Paris, le hic étant toujours de trouver un point de convergence train-canal pas trop difficile d'accès pour les un et les autres. Rendez-vous était pris cette fois à Reims, cité des sacres des rois de France (enfin, d'une bonne partie d'entre eux en tout cas). Durant la première partie du voyage, on a eu (moi surtout) quelques inquiétudes. Ça a commencé par une info entendue par hasard (et pas clairement) à la radio qui disait "problèmes sur le réseau ferroviaire, les trains entre x et y circulent avec une demi-heure de retard". Bon, déjà, on y passe par x et y ou pas? ben… oui, zut! Une fois dans notre train à destination de Bâle, on a très vite été mis au parfum. Les trains ne circulaient carrément plus sur la voie normale à cause des inondations, notre train n'allait pas plus loin que la ville suivante. Il fallait changer d'itinéraire, sauf qu'on ne connaissait pas, du coup, les horaires des correspondances. Un peu gasp, vu que si à la limite, le régional entre Bâle et Strasbourg nous attendrait probablement, le TGV Est, lui par contre n'attendrait certainement pas. Au final, on s'est juste tapé deux changements supplémentaires mais, coup de bol, le nouvel itinéraire jouait si bien qu'on est même arrivé deux minutes plus tôt que l'horaire prévu à Bâle, gros soulagement. Mais il était dit que notre voyage ne serait pas sans surprises, le TGV a été victime d'une panne, on a pris un retard de vingt bonnes minutes et du coup, la navette pour Reims (oui parce que le TGV Est ne passe pas à Reims, mais dans une gare construite au milieu de nul part juste pour la correspondance) a du attendre. Et moi qui pensais avoir le temps de prendre mon billet tranquille, ben bernique. Heureusement, on pouvait le prendre auprès du contrôleur. Sauf que quand on lui a dit qu'on venait de Suisse, il a eu l'air étonné, il a tapoté son bidule électronique à billets, a dit (prétendu?) que ça marchait pas et nous a donc gracieusement offert le trajet, merci monsieur. À l'arrivée (avec pas mal de retard) on a retrouvé mes parents, encore plus en retard que nous pour avoir suivis les conseils de quelqu'un sur le chemin à prendre et les avoir mal compris. Au passage, le TGV tout neuf, c'est pas mieux que l'ancien et même finalement question confort, c'est presque moins bien. Et aussi, si je tenais l'architecte de "la gare paumée en pleine cambrousse", je lui expliquerais ma façon de penser sur les sols en faux marbre (déjà quel goût) mais surtout poli miroir. Je sais pas si "voyageurs interprétant contre leur gré Holiday on ice" c'est un concept, mais moi, j'ai pas aimé. Et puis, les leds bleues aux plafonds, une tous les dix centimètres, ça fait plus cheap que chic. Sans compter que faire une passerelle à la place d'un sous-voies, c'est beaucoup de marche en plus pour les usagers et que tant qu'à nous faire marcher, ils pourraient éviter les rampes étroites et raides et longues (on passe très en dessus de la voie). Bref, l'architecture moderne a décidément ses dérives, pour l'inconfort de tous parfois.
Après avoir posé notre paquetage dans le bateau, on est repartis dans la ville pour visiter un peu. La cathédrale était bien entendu au menu, l'incontournable. Pas mal du tout d'ailleurs, mais pas forcément la plus belle que j'aie vu. On a pas trop insisté sur le reste de la ville, tout était en travaux, apparemment dans l'idée de rendre le site plus attrayant pour les touristes. Et puis, faut dire ce qui est, mon papa ne peux plus marcher trop longtemps sinon il souffre. Il est loin le temps où lui devant, nous derrière nous tentions des "t'as pas faim? T'as pas soif? T'as pas envie de t'asseoir un moment pour admirer la vue" pour qu'il s'arrête un peu de marcher et nous aussi par la même occasion. Après un passage au bateau pour l'apéro (au champagne, c'était l'anniversaire de ma maman), retour en ville pour manger. C'est toujours difficile de trouver un bon resto quand on ne connaît pas le coin, faut bien tomber. La c'était couci-couça, on a mangé correctement mais les écrans géants partout autour et la lumière rouge ne nous ont pas incités à prolonger.
Le lendemain, départ pour Soisson, ou plutôt, pour l'étape avant Soisson. Pas fâché de quitter le port de Reims d'ailleurs, au milieu d'un échangeur routier, on a connu plus calme. Jolie navigation malgré le temps plutôt gris et un peu frais (notamment à cause du courant d'air généré par l'avancement du bateau), j'ai redécouvert le plaisir de glisser gentiment au fil de l'eau. Et heureusement, les écluses sont automatiques, pas besoin de mouliner à la main pour "bassiner" (monter ou descendre dans l'écluse). On a eu la chance le soir de trouver un petit port près (enfin, pas trop loin) d'un petit village avec boulangerie et même épicerie ouverte. C'était très calme là par contre. On a pu se faire une grillade et manger au soleil grâce à une éclaircie qui est arrivée fort à propos. Le dimanche matin, après une nouvelle expédition à la boulangerie pour ramener les croissants et du pain frais (et des chouquettes, cadeau de la boulangère) on a tranquillement "mit les voiles" en direction de Soisson. Là aussi, météo changeante mais au final, suffisamment dégagée pour que je prenne un coup de soleil sur le nez. Une fois arrivés, on est partis le nez en l'air à la découverte de Soissons. Ben franchement, si un jour vous passez dans le coin, prennez le temps d'aller vous y balader une heure ou deux, ça mérite le coup d'œil. Bien sur, la ville a été en grande partie reconstruite après guerre et ça manque donc un peu de vrai centre façon médiéval, mais y'a de quoi voir quand même. Plein de genre architecturaux dans des mélanges surprenants comme un bout de rue façon Londres, briques rouges et tout avec en face une bâtisse version Paris XVIIIème siècle par ex, et un peu plus loin, une façade avec des mosaïques orientalisantes. Et puis, des petites places, des grandes cours, beaucoup de jardin. Et des églises, pleins. Et puis, dominant la ville, à côté d'un truc militaire, l'église la plus surprenante que j'aie jamais vue. On montait tranquillement une rue gentiment en pente pour trouver "la" fameuse église indiquée par plein de panneaux quand on a commencé à en voir vraiment les flèches. Puis la façade, enfin, le côté du portique d'entrée. Et c'est en voyant se dévoilé petit à petit le monument que tout à coup, j'ai réalisé qu'il n'y avait que ça, un portique, avec les flèches bien sur, mais sans le bâtiment derrière. Et effectivement, vu de devant, c'est frappant, les grandes arches de pierres finement sculptées ouvrent… sur rien. Et d'autant plus rien qu'on est au sommet de la colline, on ne voit donc aucun bâtiment, juste l'herbe de la place et le ciel. La place de l'habituelle rosace en vitrail est vide, œil rond bleu et nuageux. Paraît que le cœur, le transept, bref, tout le reste de l'église (la cathédrale en fait je crois) a été démonté pour récupérer les pierres. Étrange, mais finalement, cette église ouvrant sur le ciel avait quelque chose de plus mystique que bien des bâtiments sacrés, après tout, quoi de plus à propos qu'une porte sur le royaume des cieux.
Le soir, l'a fallu galérer un peu pour trouver un restaurant, le dimanche, la majorité d'entre eux sont fermé. Mais heureusement, le seul ouvert de la ville (d'après la gentille dame du port) n'était pas loin et tout à fait correct. Encore une fois, on a trop mangé (on a passé littéralement quatre jours à manger, entre grignotages, petits déj copieux, dîners bien garnis et soupers gargantuesques) et on est donc retourné au bateau un peu le ventre en avant. Le lendemain, il était déjà temps de rentrer, malheureusement. On a marché jusqu'à la gare (pensais pas que c'était si loin moi, pff) et hop, dans le train destination Paris. Là, mon chéri m'a accompagnée jusqu'à la gare de Lyon et j'ai pris seule mon TGV pour rentrer. Lui avait encore des jours de vacances et il en a profiter pour voir des potes sur Paris.
Après tout ça, y'a eu un ou deux week-end plus tranquilles quand même. Et puis, alors que la météo annonçait un samedi de beau et que surtout, dans notre coin, le lundi était chômé, on est allé se promener à Porrentruy. Je n'étais jamais entrée dans la ville, le mieux que j'avais fait là bas c'était un petit parc à la sortie de la ville. Sur place, on a eu la surprise de tomber sur un rallie scout, au moins deux ou trois troupes mélangées d'ailleurs, d'après les foulards. Sur plusieurs "postes", ils devaient passer des épreuves physiques, genre se battre avec des fausses épées en bois et mousse. Sur que ça mettait de l'animation en ville. Les groupes de touriste aussi d'ailleurs, on a du renoncer deux fois à entrer dans le musée qui nous intéressait parce qu'il y avait tout à coup beaucoup de monde. La ville est petite, mais très jolie, d'inspiration encore nettement médiévale. On a vu ce qu'on pouvait du château (y'a plein d'administrations dedans, impossible de visiter sans guide et l'office du tourisme est fermé le samedi après-midi, si si) et des rues autour. On a aussi fait un tour par le jardin botanique, tout petit et mignon. Il est très réputé pour sa collection d'Iris entre autre, dommage que ce n'était pas du tout la saison de la floraison. On s'est arrêté mangé un truc dans un bistrot, mais on a pas fait le bon choix, c'était moyen et le service était super lent (paraît aussi que le petit coin était infréquentable, j'ai pas testé, ouf). L'après-midi, après le château, on a retenté le musée. La troisième tentative fut la bonne. C'était pas bien grand, mais sympa et plutôt bien fait. Et puis la personne à l'accueil a vraiment été adorable, grand sourire et plein d'explications données à l'entrée, très agréable. Le clou de la collection était sans aucun doute la pharmacie hospitalière (le musée a été construit pour faire un hôpital à l'époque, fin XVIIIème je crois) une pièce meublée sur mesure de grandes étagères en bois remplies de bocaux en verre ou porcelaine, à l'ancienne. Des graines, des fleurs, des racines, des huiles essentielles et des teintures, tout un monde principalement issu des plantes, c'était vraiment superbe. Fourbus après nos cinq heures de visite habituelles, on a pris le chemin du retour, tranquillement, en régional, même qu'initialement, on a eu du mal à croire qu'un régional aille si loin.
Depuis, rien de particulier. Un boulot en dent de scie avec par exemple une grosse grosse séance annoncée une semaine à l'avance alors qu'au moins deux jours étaient déjà bloqués pour autre chose et le reste du temps, rien ou presque. Marie qui va pas très fort, ses problèmes au taf ne s'arrangent pas. Un mariage annoncé. Le retour des parents programmé et avec ça, l'angoisse des résultats définitifs du traitement de papa qui se profilent. Une maison pleine de poils de chats et deux heures passées à passer l'aspirateur pour que tout soit presque dans le même état quatre jours après. Et puis et puis… Les vacances qui commencent dans cinq minutes. Demain, je rejoins mes parents sur les canaux, je ferai la dernière partie du voyage avec eux, pourvu qu'il ne fasse ni trop moche, ni trop froid mais de toute façon, ce sera les vacances quand même. Et puis, avec au moins cinq kilos de bouquins pris à la bibliothèque, je suis équipée pour parer à toute éventualité.
Hardi moussaillons, le temps du farniente et des écluses est de retour!
PS: une bise à Maz et à son locataire par la même occasion, smouitch
PPS : pas eu le temps de relire, désolée pour les fautes.