Tentative

Journal d'une petite Suisse, parce que j'ai envie d'en faire un fromage.

21 avril 2008

Y'a comme une odeur de printemps.

D'après la météo, le printemps devrait enfin arriver à la fin de cette semaine. Honnêtement, je me réjouis de retrouver des températures correctes et un peu de soleil, la période qui se termine n'était pas des plus agréable à ce niveau là. En plus, heureuse coïncidence, ça tombe pile sur notre week-end au Tessin. On part cette fois-ci avec l'ami Cego, on ne va pas s'ennuyer, je sens ça.

Le week-end suivant, c'est l'Ascension, un week-end prolongé par un pont. Quatre jours de farniente de prévu. Et en fait, je vais passer deux jours avec Marie, qui m'a un pris de court je dois dire. C'est vrai qu'on n'avait rien de prévu de particulier ces jours là, mais là, j'ai eu un peu l'impression que je lui avais promis de faire un truc avec elle tant elle semblait penser que ça coulait de source. Et pourtant, je suis absolument certaine de ne lui avoir fait aucune promesse de la sorte. Alors, c'est pas que partir avec elle m'ennuie, mais j'ai un peu l'impression gênante d'abandonner Abe tout seul à la maison. Bien sur, je sais que c'est un grand garçon qui se débrouille parfaitement tout seul quand je ne suis pas là, mais ça doit être le fait qu'en général, on passe les longs week-ends ensemble je pense. M'enfin, une journée thalasso, ça passera bien quand même, surtout s'il y a aussi peu de monde que Marie le dit dans cette station thermale toute neuve.

Sinon, grâce à Marie, je crois bien que je me suis trouvé une nouvelle amie. On s'est rencontré à l'anniversaire de Marie, une chouette soirée au final alors que je n'avais pas une envie folle d'y aller. Elle est un peu plus jeune (trois ans, c'est pas grand chose) et on s'est revu pour boire un verre samedi, j'ai laissé les hommes entre eux, Cego était de passage mais surtout pour avoir de l'aide sur un truc informatique (mais aussi pour un concert ce soir là), ils pouvaient donc très bien se passer de moi. Souriante, un peu folle, à la fois différente et proche de moi, vraiment un bon contact. Ceci dit, sans être vraiment sur la défensive, je n'attends pas trop de ce début d'amitié, de peur d'être déçue si jamais ça ne colle pas au final.

Sinon, j'ai reçu mon passeport tout neuf, mais je n'ai pas tellement avancé dans la préparation de notre voyage de septembre à part ça. Pourtant, faudrait que je m'y mette, plus on réserve tôt et plus on a des chances de ne pas payer un prix prohibitif. Ceci dit, je n'ai pas aidé, j'avais repéré l'adresse d'une agence qu'on m'avait conseillée et arrivé sur place, rien. D'ailleurs depuis, même sur le net je n'arrive pas à remettre la main dessus. Le hic là dedans, c'est que l'agence la plus facilement disponible pour moi, c'est également la plus chère, pas de chance. Quoique, après une petite revue sur le net, y'a peut-être une autre agence possible. Je me demande si je ne vais pas faire les deux et voir qui m'offre le meilleur rapport qualité prix. Même si ça veut dire me fader deux entretient dans deux agences, moi qui n'aime pas tellement ça. En attendant, samedi j'ai craqué pour une valise, sauf que plus j'y pense, plus je me dis qu'elle est beaucoup trop grande. Même si mon père et Rachel, ma nouvelle copine, me disent (mais par sms, il ne l'ont donc pas vue) qu'une valise, ce n'est jamais trop grand. Demain, je mange en ville avec les filles, on verra si l'une d'entre elles a le temps de passer au magasin avec moi me donner son avis, comme ça je pourrai aussi demander au rayon si éventuellement, y'a moyen d'échanger. On se torture des fois pour peu de chose, mais rien que cette histoire de valise monstrueuse m'a préoccupée tout le week-end, ou presque. Bon, j'avoue que samedi soir, le concert qu'on est allé voir m'a totalement distraite de mes considérations bagagières, faut dire, quelle classe, quel style et quelle voix, graou. Bon, les garçons n'étaient pas en reste, la violoncelliste est pas mal non plus. En plus, on a bien mangé (même si on était un poil court niveau temps) et j'ai découvert une fort jolie vieille ville dans un bled que je croyais connaître et en fait non. Toute petite salle dans une belle cave voûtée, jolie ambiance malgré le public un peu clairsemé, pourtant ce n'était pas très grand et tour de chant envoûtant, tout pour plaire donc. Comme disait Dussolier dans les enfants du marais, "chuis bien content d'être venu".

Dimanche, j'ai émergé deux heures ou presque après les garçons et je suis allégrement retournée larver sur mon canapé pendant qu'ils mettaient la dernière main à leur machin en chinois (enfin, son équivalent informatique). J'ai quand même fini par bouger mon gros c… à quatre heures de l'après-midi histoire d'aller marcher une petite heure. Il faisait doux malgré le vent et ça commençait à sentir plus la terre qui s'éveille que la neige, c'est le moment.

Pour le reste, depuis ma dernière entrée, y'a eu mon anniversaire, assez peu remarquable au final, à part à la grande qualité des cadeaux reçus, celui de mon frère, qui me laisse surtout un souvenir douloureux après avoir porté les 17kg de son cadeau, et le fait que j'ai accepté de manger des lasagnes pour notre célébration commune en famille (on a seulement quinze jours d'intervalle) ce qui n'était pas gagné vu que j'ai toujours eu horreur de ça. Heureusement, comme c'est maman qui avait fait les pâtes avec ses petites mains blanches, elles (les lasagnes) étaient très bonnes, j'en ai même repris deux fois. Une page se tourne, cette année marque mon passage dans le club des mangeurs de lasagne, ça compte dans une vie. Et vous, c'était quand la dernière fois que vous avez mangé avec plaisir un plat que vous ne pouviez par avaler étant mômes, hein?

Enfin, pour compléter la rubrique carnet rose (quatre anniversaires dans la famille en avril quand même, à se demander ce que les gens font durant leurs vacances d'été) Mazette nous a gratifiée d'un nouveau venu, lui aussi bélier, le 5 de ce mois. Longue vie à l'héritier donc, j'espère qu'on aura l'occasion de le voir cette année, qui sait. Encore toutes mes félicitations aux heureux parents en tout cas.

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04 avril 2008

Mal

Je n'y arrive pas. J'ai des choses à faire et je n'y arrive pas. Je le sens dans ma poitrine, comme une oppression. Je dois me forcer pour un mail, un changement de rien dans un projet, parce que je sais que c'est ma faute si je dois rechanger, je n'ai pas fait un bon travail, d'ailleurs, je n'y arrive pas, je n'ai pas envie d'être ici, je veux être sous ma couette à la maison je veux être seule, sans responsabilités, sans attentes sans envies sans rien, je fais une crise d'angoisse, comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Je ne veux pas dire aux gens qui attendent une réponse de ma part qu'il faut repousser quand bien même c'est impossible je ne veux pas faire les téléphones qui me permettraient de répondre à une demande mais je ne veux pas non plus écrire une lettre sans avoir fait les téléphones parce que je ne veux pas mentir. Je ne veux pas que ça se voie que je n'ai rien fait même si c'est la vérité je ne veux pas. Et pourtant, ça se verra. Sauf si je mens, comme d'habitude. Il faut que je me force, que je mente ou que je prépare n'importe quoi n'importe comment et que j'attende le couperet, comme d'habitude. J'ai mal dans la poitrine. J'ai des fourmis dans les bras et les doigts et un début de nausée à force de ne pas penser, de ne pas me forcer à rester immobile dans ma tête à ne penser qu'au mouvement de mes doigts sur le clavier. Je ne veux pas penser je ne veux pas penser je ne veux pas penser je ne veux pas penser mais je n'y arrive pas.

J'ai mal.

J'ai écrit ce paragraphe lundi, ce n'était pas la grande joie, j'ai pas relu, je balance tel quel. Depuis, la sensation physique est passée bien sur et je me suis forcée à me mettre à un des deux dossiers qui alimentaient mon malaise. Je l'ai ensuite envoyé à mon chef, que j'ai u hier pour en discuter. Gros malaise, j'étais passée complètement à côté de ce qu'il voulait. Heureusement que ma cheffe elle avait accepté mon travail, je n'étais ainsi pas toute seule dans la fosse aux lions. Par contre, gros malaise pour moi quand mon chef a râlé parce que certaines choses n'avançaient pas. Certes, il fustigeait d'autres personnes, non présentes, mais il n'empêche que je me sentais très largement coupable puisque c'est moi qui suis responsable de ce dossier chez nous et que je n'ai pas franchement aidé le shmilblik à avancer. un grand moment de solitude. Suivi d'un autre, à l'instant. Discussion à la pause qui dérive sur les abus d'internet au travail, un collègue demande si la direction a eu vent de quelque chose au niveau du trafic sur notre service. Le sous-chef a dit que non, en dehors du mail général pour rappeler les limites à ne pas dépasser (ils tolèrent 15 minutes de surf personnel par jour), rien n'a filtré. Je ne sais pas si je dois être soulagée ou inquiète. J'ai vraiment très peur que si un jour, un informaticien met le nez dans le trafic sortant de notre service, il ne tombe (et le contraire m'étonnerait, ça doit être de l'ordre de l'inratable) sur mes connections qui durent toute la journée ou presque et qui ne concernent que rarement des sites professionnels. Si ça arrive un jour, et tout de même, c'est probable, je me demande comment je m'en sortirai. Est-ce qu'on me donnera juste un avertissement? Avec un blocage du net, ou au moins de certains sites peut-être? Ou alors, une surveillance accrue? Tout ce que j'espère, c'est qu'on ne me virera pas sans me donner une chance de m'amender. A priori, la question dans ce cas porterait probablement sur l'historique disponible dans ce genre d'affaire. Si l'informaticien prouve qu'en cinq ans, j'ai passé 50% de mon temps sur le net, je pense que là, le licenciement me pendrait au nez. A moins peut-être que le fait que personne ne se soit rendu compte de rien ne me sauve, allez savoir. Ou que les scrupules des informaticiens ne le fassent, allez savoir si eux-même ne passent pas beaucoup de temps sur le net à vadrouiller ici et là pour se faire plaisir.

En attendant, ma foi, c'est presque le week-end. Ce soir, on célèbre l'anniversaire de Marie. J'avoue que je n'ai pas une folle envie d'y aller, même si j'aime beaucoup Marie, j'appréhende un peu la foule et certaines personnes présentes ne sont pas forcément celles que je choisirais pour passer la soirée. Mais une partie de ma non-envie vient peut-être bien du fait que je n'ai pas trouvé d'idée de cadeau, je devrai me "contenter" du cadeau pognon commun et ça m'ennuie un peu. Il va falloir que je trouve au moins un petit truc pour ne pas arriver les mains vide, pff. Demain ce sera courses en ville en espérant dénicher le cadeau de mon frangin, je sais ce que je cherche, mais pas si je le trouverai. Et dimanche, on fêtera mon frangin et moi pour l'habituel doublé, c'est ça d'être né à deux semaines d'intervalle. Le reste des week-ends d'avril sera bien chargé, à défaut de mes semaines qui risquent bien de m'entraîner encore sur la pente glissante du surf.

Cher informaticien qui est tombé ici en contrôlant mes historiques de sites, s'il te plait, laisse-moi une chance, je sais que je peux me corriger.

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27 mars 2008

Pâques aux tisons.

Impression étrange ce matin lors de mes nombreux téléphones, comme si les gens accéléraient le débit pour dire plus de chose en moins de temps. Quelque part, je comprends, mais chez certains qui ont déjà un débit élevé en temps normal, ça vire parfois à l'exercice de diction. Intérieurement, je remarquais une fois de plus ma propension à répéter plusieurs fois la même chose de base. Et comme toujours, je me demandais si je ne passais pas un peu pour une débile ou pour une hautaine qui prend ses interlocuteurs pour des débiles avec cette sale habitude. L'effet pervers de la psychologie de la communication, ou en tout cas sa base, qui dit qu'entre ce que je dis, ce que je veux dire, ce qu'ils entendent, comprennent et retiennent, les possibilités d'incompréhension sont multiples. Le hic, c'est que parfois, je joue seulement au disque rayé et je ne reformule pas. Hors, si mon interlocuteur n'a pas compris la première fois, ça ne sert à rien, sauf à me faire passer soit pour une conne soit pour une condescendante (mais je me répète là, non?).

Incompréhension et difficulté d'expression encore avec deux sondages auxquels j'ai répondu dernièrement. L'un sur un magasin dans lequel je me rends occasionnellement (mais je fréquente très souvent ceux de la chaîne) et un autre pour la radio. Le premier était réalisé par écrit, sur questionnaire. Et évidemment, toutes les choses à priori pertinentes que je pense sur l'organisation ou l'approvisionnement de ce magasin ou d'autres de la chaîne ont fui ma mémoire alors même que j'avais l'occasion de les exprimer. C'est sur le chemin du retour dans ma voiture que j'ai râlé à voix haute, pour un peu j'aurais fait demi-tour pour récupérer et corriger mon questionnaire. Quand au sondage téléphonique de la radio, certaines questions m'ont prises à froid et j'ai repensé à ce gag de l'excellent Everland ou il regrette que nos hésitations et nos nuances ne soient pas prises en compte, ce qui donne des sondages si tranchés qu'ils en perdent leur pertinence. Petit décalage aussi quand on nous demande si on utilise un i-pod et un peu plus loin si on a un magnétoscope. Heu… et l'option enregistreur graveur DVD, y'a pas? Quant aux questions sur mon concessionnaire et la confiance que je lui fait, je n'ai toujours pas bien compris le rapport avec la radio, mais allez savoir. Là encore, le côté étriqué des questions obligées et des réponses peu nuancées m'a gêné aux entournures. Comme une envie de rajouter des lignes, toujours. Mais je me suis contenue, je suis restée sobre, tout en me demandant s'il n'y avait pas là une forme de lâcheté, c'est moins mon opinion réelle qui compte que le fait que je n'ai pas envie d'y passer trop de temps.

La neige est en train de disparaître, assez rapidement avec le retour de généreuses éclaircies. Elle a bien alimenté les conversations cette semaine et a perturbé notre week-end pascal dans la mesure où on pensait aller dans d'autres villes profiter une dernière fois de notre passeport musée. Mais vu la météo et l'état des routes, finalement, j'en ai surtout profité pour visionner plein de choses enregistrées, découvrir mon ordinateur portable tout neuf avec wifi (c'est le pied) et vista (sans commentaire) et bouquiner, comme d'habitude. Bon, on a quand même fini par bouger dimanche, malheureusement pour tomber à la porte du musée sur une affiche "fermeture exceptionnelle, merci de votre compréhension" et lundi, pour un autre musée ouvert celui-là suivi d'une toile. On a cédé à la mode, on est allé voir bienvenu chez les gens du nord. Caricatural, quelques longueurs, un peu trop d'insistances sur certaines choses certes mais au final, un bien bon moment quand même. Et puis faut avouer, ça faisait bien longtemps que je n'avais plus vu une salle de cinéma pleine, c'est pas désagréable.

Question photos par contre, le retour de la neige n'arrange pas tellement mes affaires, la plupart des plantes de plaine ont souffert, en particulier celles qui étaient en fleur. J'ai également vu des dégâts dus au gel sur les jeunes bourgeons de quelques arbustes. Rien de dramatique, mais pour les photos, il faut des plantes en forme, déjà que comme ça je ne sors pas toujours des trucs potables, si le sujet est déjà flapi à la base, ce sera plus un jour une fleur mais un jour un freakflower. Et comme il va falloir que j'y retourne parce que j'arrive au bout de mes fleurs de saison, autant avoir du matériel correct. Espérons donc que le temps se remettra vite, comme ça je pourrai aller quelques centaines de mètres plus en altitude (l'avantage d'habiter dans un coin pas plat) et chercher des pitites plantouilles de printemps qui n'avaient pas encore ouvert leurs corolles quand le froid est revenu.

Je ne sais pas si c'est le printemps, mais j'ai l'esprit fragmenté en ce moment. Il est vrai que la concentration sur un sujet unique ne fait pas exactement partie de ma façon de penser, mais là c'est frappant. Je papillonne, je sautille, je vois les choses sous formes d'anecdotes sans parfois beaucoup de lien entre elles. Et toujours ce problème, je me dis "je parlerais bien de ça dans mon journal" et à peine l'ai-je pensé que c'est oublié. Est-ce vraiment une grande perte? Je ne le pense pas, mais je suis mal placée pour juger. Reste la frustration de se dire que peut-être, on a oublié un truc intelligent, le genre de pensée que j'ai suffisamment rarement pour regretter leur disparition. Mais qui sait, il en va sans doute de la plupart des illuminations subite comme des rêves, on croit qu'on a rêvé de l'idée du siècle, on se réveille, on note, on se rendort et le lendemain… on se retrouve avec l'équivalent de l'oracle de Delphes, mais sans la pythie pour l'interpréter. En attendant l'idée de génie qui résistera à un second examen, on passe à l'heure d'été ce week-end, ce qui prouve quand même que certaines idées pourries peuvent connaître un développement immérité.

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15 mars 2008

Par petite touches

Épilogue hier en fin d'après-midi d'un épisode commencé hier matin, je reçois un mail confirmant que le document que j'ai envoyé à fini par arriver à son destinataire. Je ne sais pas trop si je dois remercier la personne qui l'a fait passer ou m'excuser auprès de celle qui était finalement la destinatrice initiale. C'est ça de ne pas retenir le nom quand quelqu'un s'annonce au téléphone et d'oublier, après quelques minutes de conversation, de le lui redemander poliment. Après, on se retrouve comme moi, comme une conne devant son écran, le document prêt, attaché au mail et… aucune idée du nom de la destinatrice.

Dans le même genre, j'ai répondu hier matin à une demande de renseignement sur la personne responsable d'un dossier (moi) et l'intérêt de ladite personne (moi toujours) à participer à une formation sur une aide à la gestion de ce genre de dossier. Où est le problème? Ça faisait deux mois et demi qu'on avait reçu la demande et la réunion/formation aurait du se tenir courant mars. Coup de bol pour moi, le truc est gelé pour "divergence d'opinion" au niveau d'en dessus. Où comment se taper dessus du haut vers le bas, puis du bas vers le haut. Personnellement, ça m'arrange, comme ça je ne passe pas à côté de quelque chose de potentiellement intéressant.

Grand moment de solitude intérieur l'autre jour, une collègue taquinait un collègue sur la longueur de ses pauses. Il lui répond "ben quoi, une heure le matin et trois quarts d'heures l'après-midi, normal quoi". Et là, pour les faire rire, j'ai sorti "je croyais que ça c'était ton temps de travail effectif dans la journée". Éclat de rire général et moment de solitude intérieur pour moi, puisqu'ils ne sauront jamais à quel point c'est proche de ma réalité quotidienne.

On dirait que la météo cherche par tous les moyens à m'empêcher d'écouter la petite voix qui me souffle toujours "photos, photos, photos". Depuis celles prises au cimetière l'autre jour, impossible d'avoir un moment pour capturer dans des conditions correctes les nombreux bourgeons et autres brins d'herbes qui s'éclatent en cette saison. C'est donc d'un œil triste et songeur que je regarde un marronnier débourrer tellement fort que je le vois à dix mètres en passant en voiture et que je me dis que le coussin de cette aubriette est vraiment parfait, dommage que non seulement il soit sous la pluie, mais en plus dans un endroit pas franchement pratique d'accès en matière de macro (mur vertical au bord d'une route sans trottoir). Je rêve quand même de capturer ces éclats de vie et d'arriver à les montrer comme je les vois moi, même si je sais que c'est presque impossible, tant il faut de chance et de talent pour qu'une photo évoque une odeur, un bruit, un souvenir. Mais vive le numérique, je ne désespère pas.

Je suis souvent victimes de souvenirs ou de pensées "indésirables" dans ma vie quotidienne. S'ils sont si indésirables, ce n'est pas seulement parce qu'ils surviennent au mauvais moment, mais surtout parce qu'il s'agit de mauvais souvenirs en général. En d'autres termes, mes moments de honte, mes pensées tordues et rejetées parce que telles ont tendance à me revenir en pleine tronche régulièrement et sans crier gare. Et alors que j'en cherche une pour préciser mon propos, il n'y a plus rien, bien évidemment. Pourtant, je me souviens très précisément de l'emplacement exact où je me trouvais une des dernières fois ou j'ai secoué la tête, physiquement, pour tenter de me débarrasser d'une image inopportune. Certaines sont devenues familières à force de s'imposer à chaque fois que mes pensées croisent certains sujets. D'autres sont de nouvelles venues, souvenirs de petites ou de grandes gênes, voir des humiliations fixées sans que je m'en rende compte et réapparaissant pour me montrer à quel point la situation m'a marqué. Et tiens, cette tentative de description à du réveiller une pensée voisine d'un vague orgueil façon "moi je sais" puisque finalement, une image est remontée, comme un bouchon, s'imposer là où elle n'a pas vraiment sa place. Un petit rien, une insistance stupidement lourde de ma part un jour de classe, il y aura bientôt dix ans. Une stupide envie de montrer que "moi j'connais le sujet proposé" et la désapprobation évidente de la prof, dégoutée par mon petit manège aussi subtile qu'un tag rouge sur un mur blanc. Et dix ans après, chaque fois que mes pensées s'égarent à me croire "trop forte" ou que je commence à dériver vers une attitude "je me la pète" ce souvenir remonte, plop, et me ramène à une plus juste considération de la situation. Bien sur, on peut se dire "finalement, c'est un garde fou, une assurance de ne plus refaire la même erreur". Mais bien entendu, ça ne marche pas comme ça, ce serait trop beau. En fait, quand j'aurais besoin de ce genre d'avertissement, il n'arrive pas ou trop tard avec en prime un côté "tu n'apprendras donc jamais". Non, c'est au hasard de mes pensées qu'il me fait ressentir, encore et encore, la honte liée à ce minuscule presque rien. Et au lieu de me remettre dans le droit chemin en m'enseignant l'humilité, enfin, si on veut, ça sape la confiance que j'ai en moi. Une sorte de "regarde ce que tu es, ce que tu peux être, penser, faire". Et je dois me rendre à l'évidence, je n'arrive pas, pas encore j'espère, à le regarder en face.

Et finalement, la météo a bien voulu lâcher un peu de lest en fin de semaine. J'ai donc pu passer une heure vendredi à me plier en quatre et à m'enivrer d'odeurs connues ou inconnues dans le cimetière qui devient décidément une destination de promenade tentante. Et aujourd'hui, avec les 15 degrés ambiant, c'est mon village natal qui m'a tendu les bras pour une promenade en nostalgie. Et moi qui ne croise jamais personne que je connais, j'ai dit bonjour ou reconnu une bonne dizaine de personne, comme quoi, j'ai beau l'avoir quitté il y a dix ans, ce village fait encore partie de moi apparemment. Et comme j'avais l'appareil dans la poche, je n'ai pas complètement résisté, hop, de nouvelles photos dans mon escarcelle. Du coup, ça m'a donné envie de tenter une défibrillation sur mon autre blog, je lance donc l'opération "un jour une fleur" qui sera aussi un peu un jour une photo, si je veux.

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07 mars 2008

Bientôt le 21 mars

Mars est un mois très contrasté cette année. Alors que je sortais de ma séance annuelle avec mon conseiller fiscal qui va se charger de ma déclaration, comme il faisait encore jour et que j'avais une demi-heure à tuer avant de récupérer Abe à la gare, j'ai décidé d'aller faire quelques photos. Tout près de la gare, il y a en effet un grand cimetière, pleins d'arbres et de plantouilles jolies. Bon, mes piles étaient un peu à plat, du coup le flash était un rien anémique, mais je me suis fait plaisir quand même. Et bonne surprise, les arbres présents sont tous ou presque munis d'une étiquette façon jardin botanique, solide, en fer gravé et donc bien lisible. Déjà que je voulais aller un jour faire un tour du côté des tulipiers que je vois tous les jours ou presque en passant, je sens que je vais aller faire quelques dévotions en fin de journée en attendant certain train. Bon, d'accord, c'est un cimetière et donc, c'est pas super gai comme promenade, mais on a une très belle vue depuis là et ils ont une vraiment belle collection d'arbres et arbustes, pourquoi bouder mon plaisir, d'autant que tant que je ne photographie pas les stèles (c'est pas le père Lachaise non plus) je ne vois pas qui ça gênerait. Au fait, de quoi je me justifie là au juste?

Vu la pauvre lumière de cette fin d'après-midi un peu nuageuse, je me suis amusée à faire des essais, notamment au niveau de l'arrière plan. Après avoir échoué (en macro) à faire le point sur des bourgeons de hêtre, j'ai eu l'idée d'utiliser une feuille de papier blanc pour faire un arrière plan neutre et éviter que la focale ne se fasse deux mètres derrière ce qui m'intéresse. J'ai d'ailleurs eu une pensée de regret pour le réglage d'un point focal central impossible sur mon appareil alors que mon ancien le permettait. Mais comme le nouveau fait de meilleures macro, je ne peux pas me plaindre. Bref, j'ai testé avec une feuille blanche, faudra peut-être que je tente d'autres couleurs. J'ai aussi fait un seul essai avec ma manche de veste en guise de fond noir, mais ce n'était pas concluant. Au final, c'est ma paume qui donne le meilleur arrière plan (pas de reflet, très peu d'ombres, contraste de couleur intéressant en référence) mais évidemment, c'est pas le plus pratique ni le plus joli. Peut-être qu'avec une feuille de liège ou un tissu mais ça manque de rigidité, par contre ça m'éviterais les reflets… En plus, faut que ça passe dans mon sac, je ne cueille jamais les fleurs pour les photographier (je vous dis pas les contorsions parfois), donc, faut que je puisse le trimbaler facilement. Tiens, peut-être qu'un tissu blanc, collé sur une feuille de liège ou équivalent… comme ça, c'est rigide et j'ai deux fonds (recto et verso) au choix. Et si je continue comme ça, dans 2 ans je m'achète un appareil pour aller avec le méga objectif macro de la mort, huhu.

DSCN2901                     DSCN2906

Bon, et sinon, après une sortie dans de belles villes il y a une dizaine de jour par seize degrés à l'ombre, après une semaine passée franchement douce et plus de dix degrés tous les jours, après le réveil clair de la végétation qui m'a murmuré "photos, photos" aux oreilles depuis quelques temps, ben cette semaine j'ai balayé et gratté ma voiture enfouie sous une bonne dizaine de centimètres de neige, deux matins de suite. La Suisse, terre de contraste.

Ah oui, et la soirée collègues plus bébé c'est très bien passée, j'y ai même fait une découverte fondamentale, le secret de la fondue, rien de moins. Et c'est très simple, qu'importe le fromage ou presque, l'important c'est le caquelon. Bilan, en fonte c'est parfait, en terre cuite, c'est la cata. Deux caquelons, même fromage, même recette, même cuisinière. Une (fondue donc) était impeccable comme d'habitude, l'autre nous a tout fait, de la mousse d'abord, pire que si j'avais mis du bicarbonate dedans et une séparation ensuite : huile dessus, gomme en dessous, récupéré heureusement en repassant sur la plaque à fond en brassant beaucoup. Ma Maz, je crois t'avoir offert un caquelon en terre cuite, tu auras le droit de me le casser sur la tête la prochaine fois qu'on se voit s'il t'as fait autant de misères. Heureusement pour toi, c'est en France qu'on trouve les meilleurs caquelons (qui l'eut cru) donc il reste de l'espoir, maintenant que tu as un immense appart, il faut que tu t'encaquelonne à la mesure de ton nouveau standing, donc, c'est "Le Creuset" ou rien. En plus, on peut y faire de super béchamel et c'est parfait aussi pour la sauce tomate et tout ce qui doit mijoter tranquille, une parfaite idée de cadeau pour la belle-mère quoi ;)

c'est le printemps :                   DSCN2897

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27 février 2008

Mélange des genres

Une succession d'événements en ce moment, des semaines à la fois vides et chargées, des mots plein la tête avec de la lecture comme plus depuis longtemps et tout ça qui s'agite dans mon crâne, comme des vagues, ça clapote contre mon manque de motivation pour tout et rien, sans parvenir vraiment à l'éroder.

Il y a eu une cassée de noix, plusieurs heures chez mon frère à extraire des cerneaux et à papoter avec des personnes d'horizon divers. Malgré le mal aux mains et aux épaules, j'ai adoré ça. S'occuper les mains utilement, et ça demande plus de concentration qu'on pourrait le penser de sortir l'amande de sa coque, et passer du temps en bonne compagnie, c'est vraiment un plaisir rare. Week-end doublement plaisant d'ailleurs puisqu'en plus de cette découverte de la cassée de noix, Cego est venu passer un moment dans nos pénates, notamment pour une soirée spéciale de l'autre côté de la frontière, au pays des loups, des saucisses et des restaurants qui ouvrent à 19h le samedi soir. Beaucoup de causette là aussi et une rentrée mémorable sous les étoiles…polaires.

Par contre, après ces deux jours lumineux de rencontres et d'échanges, on pourrait croire que mon karma a voulu me prouver que c'est super, certes, mais tout à un prix. Le lundi après-midi, tout à coup, un sentiment de malaise monte. Je me force à quand même aller faire les courses puis en rentrant, je saute sur mon bon vieux thermomètre (enfin, mon nouveau bon vieux, à colonne, les électroniques, c'est nul, j'ai testé et j'arrivais même pas à avoir une température normale (soit 36,5 en externe) alors que j'avais de la fièvre, bref) et là, 38°. Bon, c'est mal barré. Le lendemain matin, pas question d'aller bosser avec 39°, mal partout et la tête comme un ballon de rugby après une finale Angleterre Nouvelle-Zélande. De prime abord, je pars sur un "comme d'hab, paracétamol, thé et rester au pieu, dans deux jours ça ira mieux". Sauf que mauvaise surprise, la journée s'étire sur une note nauséeuse, seul le fait que je sais la déshydratation dangereuse en cas de fièvre me permet de me forcer à boire mon thé. Pas bon tout ça, mieux vaut appeler le toubib. Chance, y'a eu une annulation, rendez-vous dans trois quarts d'heure. Il me rassure, me dit que la nausée vient peut-être d'une petite réaction à un médoc pris à jeun, m'enjoint à manger quelque chose sinon ça risque d'avoir du mal à passer et me colle un arrêt de travail jusqu'à vendredi sans même me demander mon avis (en fait, il l'avait fait direct avec le week-end, mais ça ne m'arrangeait pas d'être théoriquement bloquée à la maison samedi, donc, il a accepté de le limiter au vendredi). Vu mon état, je ne proteste en tout cas pas. Annulation de l'invitation du lendemain soir (je ne vais pas filer ma grippe à dix personnes non plus) et c'est parti alors pour trois jours de chouchoutage intensif de ma petite personne. Heureusement, les nausées et surtout l'atroce faux goût dans ma bouche ne durent pas (mardi soir, j'ai pas réussi à finir mon assiette, première fois depuis, pfiou, longtemps) et je peux profiter un peu de ce temps passer à guérir pour bouquiner et rattraper mon retard en visionnage de trucs enregistrés.

Samedi, c'est en plutôt bonne forme que je passe chercher Romane pour aller installer deux trois trucs pour la salle d'apéro du mariage de Sabrina. Tout se passe à merveille jusqu'à l'arrivée de la responsable du buffet qui veut tout changer à ce qui avait été décidé, le tout sur un ton à la limite de l'impolitesse. Hé oh, on est pas des larbins, mais des amies de la mariée, alors on se calme, merci. On décide de la laisser finir d'installer à sa guise, c'est pas que mais il se fait tard, on va pas rester plus hein (sinon va y avoir un meurtre, Romane commence à monter dans les tours). Retour à la maison pour une petite pause avant de se changer pour aller à l'église et là, mauvaise surprise, la tête qui semble vouloir exploser, sinus en folie, je déguste et je me sens misérable, la tête en bas et les yeux qui semblent pulser dans leurs orbites. Heureusement, la crise passe rapidement (merci paracétamol chéri) et je peux me changer sans avoir l'impression que je vais mettre des morceaux de crâne partout si je bouge trop. On est un poil en retard à la cérémonie, les cloches sonnent déjà alors qu'on est encore dans le parking. Bon, on sera pas les derniers non plus, de loin pas. Le culte est un peu long, pas réussi à savoir si c'est catho ou protestant, mais c'est pas grave. On chante quelques trucs et j'ai une casserole enthousiaste derrière moi, je pouffe un peu. En plus, le fils de Romane, juste devant nous, a de la peine à se tenir tranquille et fait plein de remarques sur tout du haut de ses deux ans. Après ça, sortie de l'église, photos (rapido, ça caille, heureusement qu'il fait grand beau) et apéro. C'est bon mais la disposition finale des tables par Miss j'ordonne ne facilite pas la circulation des gens. Du coup, certains ne verront pas grand chose du buffet. On passe ensuite dans la salle du souper, les trois endroits (église apéro et banquet) se trouvant à moins de 100m les uns des autres, c'est assez agréable. Fresque militaire au mur, un peu bizarre pour un mariage mais sinon, l'endroit est très bien. On apprend alors que la petite animation qu'on a décidée de faire entre copines de la mariée va passer en tout premier, avant même l'entrée. Bon, heu, on se dépêche alors. Heureusement tout le monde comprend ce qu'il se passe, le marié participe et y met du sien bref, tout se passe bien. Sabrina nous rediras ensuite qu'ils ont beaucoup apprécié, l'un comme l'autre, c'est cool. Suite de la soirée sans histoires, le repas est très bon, le service efficace, les animations s'enchaînent sans trop ni trop peu, on chante beaucoup, accompagné ou non (guitare ou accordéon). Il y aura peut-être juste le montage photo à la fin du repas qui sera un peu… long et qui sentira un peu trop le "je découvre photoshop et je mets plein d'effets de transition à la con qui mettent deux plombes à s'afficher". A proscrire totalement notamment, la rotation de photo "personnage à gauche puis à droite" (rotation horizontale), ça donne limite la nausée. Enfin, un peu de musique, un peu trop fort pour moi, je passe mon tour. Mon chéri par contre, avec un petit verre dans le nez, s'éclate bien sur la piste lui. Ça finit pas trop tard, la salle devant être rendue vers deux ou trois heures.

Le lendemain, ce sera quand même le grand rien, plus l'habitude de me coucher si tard (et surtout de me réveiller ensuite à neuf heures, impossible de me rendormir, grr). La semaine suivante, c'est la reprise du boulot, pas envie mais bon. Et devant l'obstination de mon sinus sub-orbital gauche, avec irradiation peri-orbitale, dentalgie et otalgie (je me la pète si je veux), à me faire souffrir le martyr une à deux heures par jour, c'est retour à la case toubib et antibiotiques pour dix jours, joie. Depuis, une soirée un peu surréaliste chez Marie où j'ai une fois de plus échoué à ne rien commander et où j'ai croisé un ancien copain de classe d'école d'ingé et repport de l'invitation annulée pour cause de grippe à ce soir. On sera huit plus un bébé, ça promet.

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08 février 2008

Une grande salle, cinquante personnes dedans et toujours cette même question : suis-je la seule à ne rien comprendre? Ça m'a même valu d'être nommée "scrutatrice". Ce qui heureusement n'est pas bien compliqué puisque tous les points votés le sont à une claire majorité. C'était juste l'occasion de me faire, bien involontairement, remarquer parce que je n'avais même pas compris que la présidente s'adressait à moi et que je n'avais bien sur aucune idée de ce qu'elle me voulait. Et puis bon, les assemblés générales, c'est toujours un peu ennuyeux quand on est pas super impliqué dans l'association.

Pour le reste, la journée est plutôt intéressante, notamment parce que la plupart des intervenants, pour une fois, parlent en français, c'est tout l'avantage d'avoir l'association française équivalente comme invitée exceptionnelle. Bon comme on est en Suisse, il reste toujours suffisamment d'exposés en allemand pour me permettre d'écrire un moment. Même si je n'aime pas trop le faire quand je suis entourée de gens qui pourraient lire.

Le repas a été rigolo, prévu sous forme de buffet avec comme tables les paillasses carrées d'un labo. Pour une fois, je n'ai pas eu à me battre pour voir de l'eau plate à boire, il y avait un robinet à chaque table. Détail par contre, le buffet était super appétissant mais il manquait les couverts pour se servir dans tous ces plats si bien présentés.

Après le repas, un type qui me disait très vaguement quelque chose est venu me parler. Ce qui m'épate, c'est qu'il se souvenait de moi alors qu'il n'est venu à mon taf qu'une seule fois quand il cherchait une place de stage. Ce qui ne me rassure pas, c'est que je n'ai aucun souvenir de son passage alors qu'il est carrément canon. Si ma mémoire visuelle est pourrie au point d'oublier même les beaux mecs, quel gâchis... Celui qu'on a finalement pris pour le stage était pas mal non plus, mais quand même, on a perdu au change je trouve, graou. En parlant avec lui, une fois de plus je me suis mentalement morigénée sur mon incapacité à le regarder en face. C'est déjà difficile pour moi de parler même à des gens que je connais bien sans détourner le regard, ça m'est carrément impossible avec les mecs mignons. Bon, avec lui au moins, je n'ai pas bafouillé et je ne me suis pas ridiculisée en sortant une blague nul et une autre ridicule trois minutes après comme je l'ai fait avec mon voisin, un jeune français pas mal non plus. Il paraît que d'avoir le regard "fuyant", c'est mal, que c'est lié à un caractère sournois voire carrément malhonnête. Où comment des générations de timides passent pour des je ne sais quoi. N'empêche que c'est gênant, vu que moi, je le remarque et que je me demande toujours si mon interlocuteur le note également.

Bon, sinon pour un peu, je pourrais également m'inquiéter de mon implication dans mon boulot. Parce que bon, ça parlait écologie, ça parlait biologie et pédologie (ne pas confondre avec autre chose, ça n'a rien à voir, merci) mais quand sur un tableau j'ai vu écrit biosphère…j'ai lu blogosphère.

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06 février 2008

Ce matin, alors que je descendais l'escalier pour me rendre à une énième séance, j'ai croisé un vieux monsieur que je ne connaissais pas. Je lui ai dit bonjour poliment et il m'a répondu : "bonjour monsieur". Et après on s'étonne que j'aie parfois du mal avec mon apparence physique.

Bon, ce n'est pas une excuse non plus pour dire que je devrais m'habiller de façon plus féminine (jamais eu besoin de porter des instruments de torture pour être sûre que j'ai des ovaires), le monsieur avait certainement besoin de nouvelles lunettes et surtout, d'un bon sonotone, si j'ai une silhouette, surtout avec une veste fermée, qui peut passer pour vaguement androgyne (merci les cheveux courts surtout), je n'ai pas exactement la voix de Stallone, je serais plutôt dans le registre "un peu trop aiguë pour moi qui rêve d'avoir une voix de garage", heu non, d'aéroport plutôt. Ceci dit, ça faisait quand même longtemps que ça ne m'était plus arrivé, ça me fait toujours sourire.

Vu Marie samedi soir. C'est toujours pas la joie pour elle, l'acharnement dont font preuve certaines personnes contre elle est hallucinant. Et tant qu'on est dans le physique, je suis sûre que pour elle, le fait de ne pas être "bonne" n'arrange rien à la mauvaise foi de quelques crétins. Être une femme dans un milieu d'homme, c'est déjà difficile, mais ne pas être "baisable", c'est impardonnable faut croire, triste. Et soutenir quelqu'un victime de la bêtise humaine, c'est pas évident, que faire à part lui répéter ad lib que non, c'est pas sa faute, c'est juste eux qui sont stupides. Sauf que le hic bien sur, c'est qu'on a beau le lui re-dire, elle entend le contraire à longueur de journées, ça use bien. Elle m'a dit d'ailleurs en être arrivée au stade "strict minimum" dans son taf. En gros, elle s'investit comme elle veut, parle le moins possible avec les autres et fait profil bas tout le temps. Elle dit que ça lui va pas si mal, mais j'imagine combien ça doit être difficile de travailler avec des gens qui te prennent pour une sorte de traître sans s'être posé une seconde la question "est-ce qu'on m'a bien raconté toute l'histoire dans l'ordre". Connaissant sa profession, y'a du souci à se faire quand on voit avec quelle facilité ils avalent les rumeurs et les avis biaisés tout crus.

Sinon, longue séance ce matin, journée entière de conférence (jusqu'à 20h) demain (le palm risque de chauffer), heureusement que le week-end approche et va être chouette, obligatoirement.

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30 janvier 2008

Moins on en fait, moins on a envie d'en faire. C'est une évidence de ces derniers jours pour moi. Et manque de bol, j'ai rechoppé un gros rhume qui ne va pas m'aider à me motiver. À moins que justement le fait de ne plus me rendre vraiment compte de ce que je fais ne m'aide à faire des choses que je repousse depuis un moment, l'effet "boarf, je balance, on verra bien". Je pourrais par exemple commencer par ces lettres revues par mon chef qui, s'il n'a apparemment rien à dire sur le fond, en a pas mal à dire sur la forme. Bon, si comme ici mon correcteur grammatical était débranché, ceci explique peut-être une partie de cela. N'empêche, je me croirais à l'école, avec l'épreuve tant redoutée des corrections de dictées. Moi qui étais encore plus pitoyable à l'époque que maintenant au jeux de l'écriture orthographiquement et grammaticalement correcte. Et plus je préparais, plus c'était bourré de fautes, paradoxal non?

Je me demande si c'est pas samedi que j'ai attrapé froid. Même s'il y avait du soleil, il ne faisait pas si chaud au festival des montgolfières de Château-d'Oex. Par contre, c'était plus joli que l'an dernier, il y avait beaucoup plus de ballons au départ, le temps était parfait pour les décollages. Dommage par contre que les trains aient été à ce point surchargés. Par deux fois, on aurais presque pu prendre le machin panoramiques avec des vitres partout, par deux fois, non seulement y'avait beaucoup de monde dedans, mais en plus des places étaient marquées "réservé" (pour qui, entre où et où, à quelle heure, on ne sait pas trop). La prochaine fois, je réserve moi aussi, si je trouve comment faire.

Sinon, Marie ne va pas fort en ce moment, je crois bien que c'est la première fois qu'elle me demande si on ne peut pas manger ensemble parce que bon, toute seule, c'est trop dur. En plus de ses soucis de boulot et d'un truc qu'elle a raté parce qu'elle s'est mise trop de pression, il y a un type là-dessous, bien sur. Un type dont le discours n'est pas clair, un type dont on ne sait pas s'il est juste poli ou si vraiment, à un moment, il a eu plus que de l'amitié. Pas facile à gérer la période "si je le rappelle encore, je passe pour la collante de service, si je le rappelle pas, je ne saurai peut-être jamais ce qu'il se passe". Et elle qui me demande des conseils… joker.

En point de mire à part ça, le mariage qui approche mais je crois qu'on est prêtes, enfin, plus ou moins, pour l'animation prévue. Par contre, je dois trouver une idée pour décorer une bouteille et je sèche un peu. Je ne connais pas les goûts des mariés en matière de vin et si pour elle, j'ai une idée de déco (reste à la réaliser, ça va pas être évident) pour lui que je connais finalement bien mal c'est un peu le casse tête. Jusqu'à maintenant, je n'ai pas eu trop de mal pour ces caves des mariés, mais là, c'est moins facile, d'autant qu'on a reçu la demande que la semaine dernière, ça fait court. Au pire, je me rabattrai sur un truc just' fun, comme d'emballer la boutanche dans une peau de mouton ou un truc du genre. Bon, c'est vrai aussi qu'on est pas obligé, mais c'est un truc que j'aime bien dans les mariages, y'a parfois des réalisations vraiment canons.

Toujours pas réussi à me remettre à faire attention à ce que je mange, sauf dans les limites du possible. Résultat, toujours trois kilos de plus que l'an dernier, toujours cinq de plus que mon poids idéal. En même temps, je me dis qu'on s'en fout, à ce point là, c'est de l'esthétique, pas de la santé comme avant. D'un autre coté, impossible de rentrer dans les jeans achetés l'an dernier et ça, par contre, ça me gonfle, surtout avec ce qu'ils m'ont coûté. Et puis, debout dans ma douche, faut que je rentre le ventre pour voir certains endroits, c'est humiliant.

Pas trouvé les ressources non plus pour certaines choses qui me trottent dans la tête depuis un bout de temps. J'attends de fixer mes vacances pour me lancer dans l'organisation d'un voyage, tout en me disant que je pars sûrement à l'envers dans cette histoire. Je voudrais trier mes photos, toutes mes photos pour me faire des "albums" sur CD (ou DVD vu le nombre) mais je n'ai pas le courage, je n'ai jamais été très bonne pour ça, je dois encore avoir des photos d'il y a dix ans qui sont toujours dans un tiroir au lieu d'être dans un album. En même temps, faut croire que je ne regarde pas tant que ça mes photos pour que ça m'indiffère à ce point de ne pas les avoir dans un joli album. Boulot/perso, même combat pour l'archivage et le rangement, c'est pas gagné, l'organisation, que ce soit prévisionnel ou après coup, j'ai pas le gène, y'a pas. Effet pelote de fil, ça manque pas de matière, mais c'est pas utilisable en tant que tel, dans ma tête ou dans le matériel. Mon rêve de grandeur à moi, c'est d'un jour arriver à ranger mon bordel, dedans dehors, à la hauteur de mes espérances. Le comble de la Suissitude non, mon but dans la vie, c'est le rangement. Une patte à poussière en guise d'épitaphe. Ou une benne peut-être, pour débarrasser tout ça un bon coup, y'en a même qui en font des films.

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16 janvier 2008

bienvenu en 2008

La question, c'est de savoir si le manque d'envie vient de la lassitude pour un certain "style" ou plus simplement d'un manque d'envie d'écrire, tout simplement. Je serais tentée de dire que l'avenir y répondra, mais en fait, ce ne sera probablement même pas le cas.

Posé un lapin, bien involontaire, à trois de mes meilleures amies dernièrement. Tellement pas l'habitude d'avoir quelque chose un soir de semaine et tellement la tête dans le coltard parce que gros rhume débutant quand on avait fixé la date que quand ma mère m'a proposé de venir souper, je n'ai absolument pas songé à vérifier mon agenda. Du coup, quand les copines, inquiètes, ont tenté de me joindre et que j'ai lu le SMS de Romane, je suis totalement tombée des nues. Du coup, j'ai appelé chez Raphaëlle pour les rassurer et là, je sais pas, une faille dans le continuum intelligence, j'ai dit que si elles pouvaient se passer de moi, je préférais ne pas les rejoindre. Et j'ai fini ma soirée tranquille à discuter en famille. C'est en rentrant que j'ai réalisé que même si c'était pas tout à fait la porte à côté, ça n'aurait pas non plus été la mort de faire le trajet et que j'aurais très bien pu leur dire que je les rejoignait dans un moment, le temps de dire au revoir tranquillement à la famille. Ça leur aurait laissé le temps de manger, parce que les pauvres m'attendaient pour ça aussi alors que moi, je sortais justement de table ou quasi. Du coup, j'ai broyé du noir à la maison et j'ai mis une heure à m'endormir tellement j'angoissais à l'idée de ce qu'elles avaient bien pu penser de moi qui les abandonnait à la préparation de certaines choses prévues pour un prochain mariage. Impossible depuis de comprendre comment s'articulent dans ma tête à la fois le besoin de "prouver" ou de convaincre mes amis que je ferais n'importe quoi pour eux (littéralement) et celui qui me pousse à rester à la maison et à râler quand je dois me bouger pour les voir. Peut-être le fait que je ne m'autorise pas à croire qu'elles m'aideraient ou me comprendraient alors que l'inverse est si totalement vrai. Mais ça comme idée, c'est soit l'altruisme total (je n'attend rien en retour, je donne pour donner) soit l'orgueil le plus crasse du style "leur amitié n'est pas à la hauteur de la mienne". Ou éventuellement, l'abysse de la confiance en soi, je peux donner mais je ne mérite pas de confiance en retour. J'vous jure, y'a vraiment de quoi ne pas réussir à s'endormir avec des réflexions pareilles.

Aujourd'hui, j'ai du coup appelé Romane pour connaître les dernières nouvelles pour notre organisation. Heureusement (comme je le pensais pour tenter de me déculpabiliser) elles n'ont pour ainsi dire pas parlé de ça, l'essentiel ayant été dit lors de notre précédente rencontre. Elle m'a également assuré que personne ne m'en veut, j'aimerais en être sur mais bon, ça rassure quand même. Bon, si on doit encore se voir une fois avant le mariage (ça reste à décider) c'est moi qui inviterai, c'est la moindre des choses.

Sinon, vivement la fin de la semaine, puisqu'au programme, il y a un tour dans des bains thermaux, un peu de ski et un souper en famille. Bon, y'aura aussi du ménage à faire parce que là, ça dépasse mon seuil de tolérance et une nuit dans un pas chez moi and breakfast, ce qui m'angoisse un peu en bruit de fond, comme à chaque fois que je dois me rendre dans un endroit inconnu. Avec ça, Marie va sûrement me reparler de son projet de voyage d'anniversaire mais j'avoue, l'idée de me retrouver trois jours coincée dans un truc isolé en pleine mer sans eau courante  ne me botte que moyen, chuis trop vieille pour ces conneries.

Sinon, Mazette ce que tu me manques ma Maz. Je t'embrasse.

Posté par Lirriel à 17:56 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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